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Ainsi tu repars,
abat-jour,
au milieu du jour.
Ton visage, tes mots
comme une légende déjà,
à peine franchie,
la porte.
L’effet du vin
refait surface,
jaune sable, terre cuite, flamme,
la beauté, disons-nous,
entre l’anodin et le miracle,
s’accroche à la vie:
un fruit,
du papier à la pulpe.
Une fenêtre blanche
tout à coup
il faut le dire
ces longs ruisseaux, et l’automne,
ces oiseaux de proie sur la route,
et la peur
où s’évaporent la soupe et les souffles,
ce matin,
soleil d’hiver,
dans la fenêtre blanche,
le froid s’effrite:
je t’aime,
tout se dessine
sur la toile
et tu es là,
tu es là.
Extrait du «Discours de la servitude volontaire» qui n’est pas sans rappeler notre condition actuelle…
Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes étranges, les médailles, les tableaux et autres drogues semblables étaient, pour les peuples anciens, les appâts de la servitude, le prix de leur liberté, les outils de la tyrannie; les anciens tyrans avaient ce moyen, cette pratique, ces allèchements pour endormir leurs sujets sous le joug. Ainsi, les peuples devenus sots, trouvant beaux ces passe-temps, amusés par un vain plaisir qui leur passait devant les yeux, s’habituaient à servir aussi niaiseusement mais plus mal que les petits enfants qui, en voyant les luisantes images des livres enluminés, apprennent au moins à lire.
À la vue
du beau, de l’étrange, de l’inusité
le temps s’arrête dans son oeil
comme un mince ruisseau
aux premières gelées de novembre
fige son cours
pour ressentir le froid.
L’oeil du poète
est une flaque
d’eau
Lune inachevée
Je cherche le cercle
l’oeil dilaté
Je poursuis la lumière
jusqu’à toi.
